29e MHE / 26 septembre 2018: Faut-il construire un Front de lutte du Hors Emploi !


29e Mercredi Hors Emploi

auberge espagnole à 18h00

Faut-il créer un FRONT DE LUTTE DU / DES HORS-EMPLOI ?

Avec qui  ? Qui est légitime  à le faire ? Autour de quelles revendications et quelles stratégies ?

Atelier de recherche et de discussion collectives

précédé de  la

présentation publique de nos cinq nouvelles mini-vidéos

voir ici !

En présence et avec la participation de militant.e.s et porte-parole de l’ADAS (Association de défense des droits de l’Homme), du CRACPE (Collectif de Résistance aux Centres Pour Etrangers ), de M.E.T.A.L. (Mouvement des Etudiant.e.s Travailleur.euse.s des Arts en Lutte), du Réseau Salariat, de Migrations Libres, et à confirmer de la VSP (Voix des Sans Papier) et  du CVFE (Collectif contre les Violences Familiales et l’Exclusion ).

Migrants, en demande d’asile ou de passage, bénéficiaires du RIS ou des allocations de chômage, précaires du monde du spectacle, pigistes et coursiers des plateformes dites collaboratives, nous avons ce point commun: nous passons  un temps conséquent de nos vies à courir derrière d’hypothétiques jobs sans lendemain ni grand intérêt, mais aussi lorsque c’est possible à nous rendre utiles socialement, à nous former, à innover, à créer du neuf et du beau, à penser et à fomenter des luttes d’émancipation multiples, à contribuer au bien-être de nos communautés et de nos proches, parfois à simplement organiser notre survie quotidienne commune.

Au même titre que le care (soin apporté aux proches) dont s’occupe après journée ou sous couvert d’allocations de  chômage une énorme majorité de femmes, tout ce travail “hors emploi” n’est en rien reconnu comme tel. Il est littéralement invisibilisé. Aucune valeur économique ne lui semble réellement et explicitement reconnu. Au contraire, ce travail aux multiples et riches facettes doit être systématiquement renvoyé au temps qui reste, une fois épuisé notre temps aliéné par l’emploi  (temps salarial) ou pour l’emploi (temps de recherche d’emploi et temps de l’amélioration de notre employabilité).

Pourtant, selon nous,  ceux qui sont partiellement ou totalement « hors emploi » veulent des droits « POUR TOUS », et au nom de la valeur intrinsèque de tout ce temps productif développé “hors emploi”. Des droits  qui les reconnaissent comme pleinement partie prenante de la société contemporaine et qui reconnaissent la valeur de leur travail, un travail « non assujetti », « non subordonné », la reconnaissance socialisée de tout ce qui, hors emploi, se produit comme richesse !

Quand donc en finirons-nous d’attribuer ce pouvoir de reconnaissance de ce qui a valeur, de ce qui est travail, à ceux qui nous exploitent et qui veulent que ne soient accordés que mépris et désintérêt à tout temps du travail “gratuit”, à ce temps de la production non arraisonné à produire du profit ?

Pourtant, aujourd’hui, sur base de ce temps productif hors emploi,  une économie alternative, une économie majeure, devient possible ! Majeure parce qu’il s’agit d’une économie où ceux qui en produisent la valeur ne seront plus subordonnés à des maîtres, donneurs d’ordre,  comme des enfants le sont à leurs parents ou à leurs tuteurs. Cette économie majeure, nous pouvons, nous devons  la faire advenir !

POUR Y PARVENIR

Premier objectif: pas de MICHEL II, pas de Di RUPO II / Pour un cordon politique salutaire anti-austéritaire

Il s’agit par une large alliance (collectifs, syndicats, mutuelles, etc) d’exiger de tout parti l’établissement et le respect post-électoral d’un cordon salutaire contre tout parti austéritaire et contre tout autre parti qui prétendrait prolonger un travail de sape de nos droits communs au nom d’une austérité rivée au remboursement d’une dette illégitime et d’une nécessaire dérégulation du droit du travail.

Deuxième objectif: On efface l’ardoise  /
On a déjà donné , il faut maintenant tout reprendre !

A partir du même front large, nous exigeons de tout parti qui souhaite entrer dans un gouvernement qu’il s’engage à ne le faire que si celui-ci revient formellement et complètement sur les attaques qui ont été menées ou poursuivies ces dix dernières années contre les droits salariaux, y compris ceux qui organisent directement les conditions d’existence des travailleur.euse.s hors emploi (et leur garantissent l’exercice de droits sociaux fondamentaux), y compris aussi les droits de ceux et celles d’entre les salarié.e.s qui fuient leur pays et viennent chez nous se réfugier, à durée indéterminée (demande d’asile) ou de manière provisoire (migrant.e.s de passage)

Troisième objectif: Une autre économie, émancipée, est devenue possible, faisons-la advenir

 A partir d’une alliance entre les organisations de travailleurs (partiellement) hors emploi et de celles et ceux qui les soutiennent spécifiquement, il s’agirait de faire monter un front commun du « hors emploi » qui revendiquerait que tou.te.s les travailleur.euse.s « hors emploi » de plus de 18 ans, situé.e.s notoirement sur le territoire pour tout autre motif que touristique ou de visites (familiales ou d’affaires) même s’ils sont à la retraite, doivent être réputés et reconnus comme socialement et économiquement productifs.

Cette reconnaissance doit se traduire par trois choses :

–  l’octroi d’un revenu personnel inconditionnel (salaire étudiant et chômage déconditionné) qui n’ait pas à tenir compte des relations amicales, familiales ou amoureuses de la personne concernée ; ce revenu pour la personne (non compte tenu d’une majoration éventuelle pour personnes à sa charge et sans revenu propre) doit être au minimum de 1230 euros, soit équivaloir à 110% du seuil de pauvreté qui est lui de 1140 euros en 2017.

– Il n’a pas non plus à tenir compte du fait que la personne ait ou non cotisé à la sécurité sociale, ce droit à la sécurité sociale (soins de santé, chômage, pension, allocations familiales s’il échet) lui est garanti dès l’âge de 18 ans et pour autant qu’il apporte la preuve qu’il réside sur le territoire. Nous poursuivrons ainsi l’extension de la sécurité sociale comme droit universel et non comme droit aliéné à la vente préalable de sa force de travail dans le processus productif capitaliste. Ces revenus (salaire étudiant, chômage déconditionné,…) seront pleinement assimilés pour le droit à la pension et pour le calcul de son montant.

– l’accès libre et gratuit à des communs productifs, espaces de travail, de création et de formation co-gérés par leurs usagers, non orientés sur la remise à l’emploi, financés et contrôlés pour partie par les instances publiques de proximité (les Communes/ les Cpas ?) et animés, à la demande, par des formateurs en tout métier ; ces lieux seront à but non lucratif et leur usage ne pourra en aucun cas devenir une condition pour l’accès aux différents revenus dont mention plus haut.

 

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