Archives de catégorie : ressources

La Dernière Convocation / Chr. Van Acker/ Par Ouï-Dire / RTBF/ 17 janvier 2018

En 2017, Christine Van Acker, auteure, productrice et réalisatrice d’émissions radiophoniques, animatrice d’ateliers d’écriture, a écrit un pamphlet sous le titre La dernière convocation, publié au Cactus inébranlable. Mais avant d’être un livre, “La dernière Convocation” fut une missive déposée au Forem, en réponse à la lettre qui la convoquait une énième fois pour un contrôle de ses recherches actives d’emploi. Christine Van Acker venait de décider que plus jamais elle ne jouerait dans ce jeu.

Un brûlot, lucide, calme mais non sans ironie (la situation s ‘y prête!), qui interroge le travail en général et plus singulièrement la place du travail de  l’artiste dans une société bureaucratisée et  managérisée, où pousse lentement mais sûrement une (in)humanité devenue… auto-entrepreneuriale.

Présentation de l’émission par la RTBF:  ICI

Lecture publique du livre par Lara Persain et Catherine Wilkin, de la Cie Paulette Godart (23e Mercredi Hors Emploi, La Zone/ Liège, 10 janvier 2018)

On trouvera l’intégrale du texte par ICI

La fin dela sécurité sociale ? / Thierry Müller/ PhiloCité® / nov. 2015

Publié par PhiloCité® au courant de la saison 2015, cette analyse de Thierry Müller traite de l’histoire de la Sécurité sociale et des menaces qui pèsent aujourd’hui sur cette conquête considérable des luttes ouvrières, consacrée fin ’44 avec le Pacte social qui rendit les cotisations sociales obligatoires.

Extrait:

“Au sortir de la deuxième guerre mondiale, à l’issue de négociations menées secrètement entre le patronat et plusieurs organisations syndicales, sous l’égide du gouvernement de Londres, est instituée en Belgique la « sécurité sociale pour tous » : un droit désormais constitutionnel qui repose sur un système de socialisation partielle des salaires.

Cette étonnante avancée sociale trouve ses origines un siècle auparavant, lorsqu’à l’initiative de corporations d’artisans et puis bien plus tard, d’ouvriers de la grande industrie, se créèrent les premières caisses volontaires de secours mutuels, couvrant leurs membres contre l’absence de salaires ou de revenus due à des crises,
aux accidents, à la maladie, etc. Elles versent même, à l’époque, des aides pour l’enterrement des victimes d’accidents du travail….”
Pour lire l’intégrale de l’article,  lire ici
Pour en savoir plus sur la conquête de la sécurité sociale à la sortie de la guerre en France, où le régime est très semblable à celui de la Belgique : La sociale de Gilles Perret

Marie a peur / Thierry Müller / Cesep / mars 2015

Marie: “On doit puer la misère pour avoir droit au Revenu d’intégration ?”

Dès janvier 2015, plus de 20 000 personnes, majoritairement des femmes, sont exclues de leur droit aux allocations d’insertion. Marie en est . Elle ne comprend pas ce qui lui arrive.  Mère de famille, elle témoigne de son parcours, parsemé de coups et blessures donnés par la vie et de coups de tête donnés aux vitres incassables d’une bureaucratie sans état d’âme. Elle perd ses droits et pourtant, c’est pas faute d’avoir bossé si elle en est arrivée là…

lire ici , publié dans la revue Secouez-vous les Idées, n°101, 2e trimestre 2015.

Extrait :

J’ai rencontré Marie, 39 ans, une bien belle personne comme on dit, et qui, à bien des égards, s’est révélée emblématique de la situation, du comportement et du parcours de nombre de celles qui sont exclues actuellement du droit aux allocations d’insertion.

D’abord par la philosophie avec laquelle elle prend la situation potentiellement désastreuse et tout à fait stressante à laquelle elle doit pourtant faire face. Elle est révoltée par ce qui lui arrive, « Je trouve vraiment ça dégueulasse » dit-elle, ce sont ses mots ; d’ailleurs ce matin, elle s’est fâchée sur l’assistante sociale du CPAS « qui veut tout savoir et exige des papiers et des papiers » et fouille dans sa vie privée, son passé, ses petits héritages et pourquoi elle vit dans un appartement avec une si belle cuisine. « On doit puer la misère pour avoir droit au Revenu d’intégration ? » demande-t-elle. Elle qui n’a pourtant rien fait pour en arriver là.

Comme des Lions, Françoise Davisse (F), 2016, Films du Balibari et Points du jour

Le 13 janvier 2013, une grève commence à Aulnay, à l’usine PSA (secteur automobile), pour protester contre un plan de redressement qui menace 3000 salariés. Le 8 mars, ceux-ci occupent le siège de UIMM (union patronale de la métallurgie) pour protester contre le refus de PSA de négocier et contre le refus du gouvernement de nommer un médiateur.  Les grévistes dénoncent le projet d’accord proposé par la direction. Le 18 mars, tandis que s’ouvre un comité central d’entreprise (CCE) chargé d’examiner ce projet, ils manifestent devant le siège de PSA, en scandant : « On est des ouvriers, pas des casseurs. Les casseurs, ce sont les patrons » Le projet de la direction est accepté par les syndicats, à l’exception de la CGT. La direction met en place le plan social. Des entretiens individuels et des mutations provisoires cherchent à encourager la reprise du travail. Le 27 mars, les grévistes envahissent la Direction générale du travail (DGT). Le lendemain, ils occupent le siège du Medef, d’où ils sont expulsés manu militari… Suite à l’écran !

Ce docu mobilisant plonge le spectateur au cœur de deux ans de mobilisations de salariés : actions, comités de grève, assemblées houleuses. La cinéaste est au chœur de la lutte.

Le teaser

Plusieurs extraits sur : lesmutins.org

Il existe aussi un livre qui accompagne le dvd : “Carnet de bord d’un gréviste”

Oser la grève sous l’Occupation, Dom. Dreyfus et Marie-Jo Pareja (F), 2016, Image Création et Real productions

Au printemps 1941, deux grèves sans précédent secouent le bassin liégeois, en Belgique, et le nord de la France.  Des milliers de femmes et près de 200 000 ouvriers et mineurs, tenaillés par la faim et poussés à bout par des conditions de travail insoutenables, défient l’occupant nazi. Ils osent faire grève pour obtenir du pain et du savon.

La répression sera féroce. Le 23 juillet 1941, un train quitte la gare de Huy en Belgique à destination du camp de concentration de Sachsenhausen. A son bord 244 mineurs du Nord et du Pas-de-Calais, qui forment le tout premier convoi de déportés français.
Le 22 septembre 1941, un second convoi conduit une soixantaine de grévistes belges, au camp de Neuengamme. 60% d’entre eux n’en reviendront pas.

Ce mouvement social, inimaginable dans un tel contexte, a donc eu des conséquences dramatiques mais il reste passé sous silence. A travers le récit au jour le jour de cette période courte mais mouvementée, le film interroge les enjeux d’un tel mouvement, les motivations de ceux qui l’ont déclenché et met en lumière le rôle joué par les différents protagonistes.

Le teaser :

 

Interview de Dominique Dreyfus sur Canalc C / avril 2016

Attention danger travail, P.Carles, Ch.Coello et St.Goxe (F), 2003, CP Productions

“Peut-on considérer la question du travail sous l’angle du refus sans provoquer d’emblée la réprobation générale ? Est-il possible d’aborder le thème du chômage sans le présenter sous le signe exclusif de la tragédie, mais en y décelant au contraire un des moyens d’échapper aux griffes de l’exploitation et de reconquérir son temps de vie ?

Attention Danger Travail (version de Danger travail) en propose l’expérience en présentant une série d’entretiens avec des chômeurs qui ne paraissent ni accablés ni désespérés par leur situation. Ces sans-emplois qui n’en demandent pas pour autant ont tous fui l’usine, l’entrepôt ou le bureau, bien décidés à ne plus accepter les règles de la guerre économique contemporaine.

Face à un discours menaçant, sans cesse martelé, sur le malheur, la douleur et la honte d’être au chômage, ou devant ces portraits édifiants de « privés d’emplois qui se battent pour retrouver leur dignité », des chômeurs visiblement bien dans leur peau rétorque avec bonne humeur qu’ils ne sont pas prêts de monnayer à la légère leur temps retrouvé. Rompant avec un climat d’angoisse et de peur sciemment entretenu, des personnes aux profils très distincts évoquent leur acte de désertion du marché du travail et la volonté de ne plus perdre leur vie à la gagner. Ces témoignages inédits sont ici prolongés par des extraits de documents dépeignant un univers de labeur peu fréquentable.” (in: http://lesmutins.org/attention-danger-travail)

La Gueule de l’Emploi, Didier Cros (F), 2011, Zadig production et Infra Rouge

Dix commerciaux en quête de travail. Convoqués pour une session de recrutement collectif pour une grande compagnie d’assurance, GAN, avec un cabinet de recrutement parisien, RST Conseil, ils ont deux jours pour se distinguer les uns des autres et espérer décrocher un emploi. À la fois évaluation de compétences et entreprise de déstabilisation, l’entretien d’embauche se révèle être  une véritable épreuve, les questions ne sont jamais hasardeuses et les réponses sont toujours formatées. Les recruteurs tendent des pièges, et les candidats tentent de les éviter. Jeux de rôles, tests d’aptitude, mise en compétition collective, provocations, rien n’est épargné à ceux qui cherchent de quoi vivre. Les règles du jeu sont connues de tous.

Mais, qu’attend-on de vous exactement lorsque l’on vous met ainsi en situation de stress et de pression ? Que cherche t-on au juste en voulant savoir si vous êtes dynamique et enthousiaste ? Votre faculté d’adaptation ou votre capacité de soumission ?

Un film choc sur le monde du travail, qui,  à sa sortie sur France 2 en octobre 2011, déclencha une véritable polémique dans plusieurs journaux1 en raison des méthodes de recrutement brutales et humiliantes qui y sont exposées: Le Monde.fr/07/10/2011: la-gueule-de-lemploi-un-document-choc-sur-le-recrutement/
ou Telerama.fr/28/10/2011/polemiques-en-cascade-autour-de-la-gueule-de-l-emploi

Même si le style, les images, le rythme peuvent laisser penser que l’on a affaire ici à une fiction,  et bien ce n’est pas une fiction, ni un jeu, c’est le monde réel.

Le Chômage a une histoire, Gilles Balbastre (F), 2001, Point du Jour

“En 1967 (250 000 demandeurs d’emploi), Georges Pompidou s’inquiétait : “Si un jour on atteint les cinq cent mille chômeurs en France, ça sera la révolution”. Il n’y a pas eu de révolution…”. Pourtant, il y a aujourd’hui en France plus de 5 millions de chômeurs.

Ce documentaire, en deux parties, sur l’inéluctable montée des chiffres du chômage, est français et se termine en 2001, période où va s’installer en Belgique, comme ailleurs en Europe, l’Etat Social Actif, avec son cortège de contrôles et d’exclusions massives de chômeurs.

Quand on regarde ce documentaire édifiant, on comprend pourquoi ces pratiques iniques de chasse aux chômeurs se mettent en route : parce qu’à un moment donné, le pouvoir, qu’il soit dit de gauche (Mitterand et Mauroy puis Rocard, Jospin et Delors, sous Chirac) ou de droite  (de Pompidou à Chirac précisément, en passant par Giscard), qu’il applique des politiques d’austérité, de soutien aux investisseurs ou de réduction collective du temps d’emploi (cela se fera plus tard avec Martine Aubry, PS), n’arrive pas à inverser cette courbe toujours montante, synonyme de son impuissance !

Faute de s’attaquer à la racine du mal – la nécessité pour le capitalisme, pour se maintenir et s’adapter à son nouveau contexte mondialisé et bientôt financiarisé, de marginaliser une frange croissante du salariat qui est devenue excédentaire- , le pouvoir  en est donc réduit soit à se reconnaître incapable ou servile aux intérêts du profit capitaliste triomphant, soit à renvoyer sur le chômeur lui-même la responsabilité de sa position en le désignant à l’ire populaire comme le responsable du mal qui ronge l’économie nationale, au détriment des salariés, contraints eux du coup de se serrer la ceinture. Et ça marche:  les profits s’envolent et le chômage, lui, continue de… monter !

“De 3 % de la population active en 1967 à plus de 12 % en 1997 ; de 250 000 demandeurs d’emploi en 1967 à plus de 3 200 000 en 1997, les chiffres de la montée du chômage durant ces trente dernières années ont été imposants, violents, d’une brutalité à faire vaciller l’édifice d’une démocratie comme la nôtre. À la télévision, ce mal de la fin du XXe siècle a laissé toutes sortes de traces : discours politique, patronal, syndical, reportages, documentaires, téléfilms et même shows grandiloquents. Revoir ces images, écouter les propos d’hier et d’aujourd’hui des acteurs de ce drame, permet de faire surgir les premiers éléments d’une histoire du chômage. Cela permet surtout de mieux saisir comment le monde salarial a perdu la bataille face au système capitaliste.” (in Film documentaire.fr)

Heureusement, l’histoire n’a pas fini de s’écrire…

Un docu instructif qui se regarde vraiment sans longueur :

Le chômage a une histoire: 1967-1981 (53′)
Le chômage a une histoire: 1981-2001 (55′)

Le Facteur Humain, Thibault Le Texier (F), 2011, G.R.E.C.

Tout savoir sur l’origine du taylorisme et sur les délires de Frederick Winslow Taylor, cet ingénieur américain, qui aura marqué l’histoire du capitalisme et de ses techniques disciplinaires et d’exploitation de millions d’ouvriers de par le monde.

Un documentaire-fiction super bien monté, drôle et très étonnant à suivre, Prix SACD, Meilleur premier film, à Clermont-Ferrand, en 2012, avec Aurélien Recoing et Cécile Garcia-Fogel.

Thibault Le Texier, docteur en économie, est un spécialiste de l’histoire du management et des théories contemporaines du pouvoir, récemment auteur du livre :“Le maniement des Hommes, essai sur la rationnalité managériale”  (La découverte, 2016). Il est aussi l’auteur du film The Invention of the Desert, où il nous projette cette fois dans un futur inquiétant:

La bande annonce:

Le film :

Sur le même sujet, visiter sur notre site les productions (livres et conférences) de  Danièle Linhart .

Lire aussi : Le travail sous contrôle