Archives de catégorie : nos analyses

Ni chronotope ni top chrono / Thierry Müller/ févr. 2018

Cet article a fait l’objet d’une version condensée publiée  fin 2017 dans la revue “SaluTerre”,   des  Amis de la Terre.

“Dans la lutte que se mènent au sein du capitalisme les forces antagoniques qui le constituent, le temps social constitue un enjeu socio-politique majeur car sa mesure, son contrôle, son accélération ou son ralentissement, son homogénisation ou sa fragmentation, sont au cœur de la maîtrise de la valeur économique, et donc du pouvoir. Pouvoir donc sur ce qui fonde la matérialité de nos conditions respectives d’existence: l’économie. Penser le dépassement du capitalisme, penser les possibilités d’en sortir, pose la question essentielle de la manière dont nous voulons et dont nous cherchons à nous rapporter au temps et à son usage commun, à nous en décaler ou à nous soumettre à son injonction obsédante: “Dépêche-toi” ! Cet ordre est profondément ancré dans l’histoire du régime d’existence et de production capitalistes, de Taylor et de Ford à la recherche du moindre mouvement perdu jusqu’à la bourse aux affaires et à l’obsession managériale contemporaine pour le changement et pour la dispersion générale. C’est pourquoi, depuis maintenant un siècle et demi au moins, dès que le petit d’homme occidental acquiert son premier geste essentiel d’autonomie – la marche-  cet ordre ne cessera plus de le poursuivre, jusqu’à la mort. “Allez, dépêche-toi ! on t’attend !”, résonne communément à nos oreilles. Il fonde peut-être l’élément-clé de ce que l’on pourrait nommer la culture globale, la culture cosmopolite, la culture hégémonique de l’homme blanc, du modèle bizness man, l’homme qui a tant d’affaires à faire, et à défaire…

Pourtant l’histoire raconte qu’il fut un temps… sans temps, un temps où la question de prendre le temps ou de l’accélérer ne se posait guère parce que le temps de notre activité humaine collective, ou de sa mise au repos, était déterminé par ce temps sur lequel nous n’avons pas (encore !) de prise: le temps qu’il fait.”  Lire la suite…

 

Faut-il lutter contre la pauvreté ? / Thierry Müller/ févr. 2018

Cet article est un prolongement de l’intervention orale que fit Thierry Müller au nom de Riposte.cte à une soirée organisée par le mouvement VEGA, à l’Aquilone à Liège, le 7 mars 2017.

“Souvent quand on aborde la question de la pauvreté, et même de la lutte contre la pauvreté, on en reste en matière de cadre (et de moteur pour agir) à de la perception subjective. Sensible d’abord. La pauvreté nous affecte, alors si possible, on la voudrait, enrayée, du moins dans ses effets les plus émouvants. On trouve là le ressort d’une émission comme Viva for Life qui, pour être sûr de nous atteindre, met l’enfant pauvre en avant scène, comme si celui-ci l’était indépendamment de la situation sociale de ceux qui en ont la charge. Le plus souvent, ceux-ci sacrifient le peu qui leur est disponible. Pourtant, sur eux, le regard glisse; sur eux, il fait absurdement et cyniquement l’impasse.

Si on s’éloigne de cette exacerbation des affects, …”  Lire la suite…

(source photo à la Une: © Benoit Tessier Source: Reuters)

 

Thierry Müller (2017)

Thierry Müller est l’un de celles et ceux qui, en février 2012,  fondèrent le collectif Riposte.cte.  ”Travailleur hors emploi” depuis avril 2005, il fut auparavant à la base de plusieurs associations culturelles ou artistiques liégeoises, dont il assura souvent la coordination. Il en fut de même avec divers collectifs de résistance comme le collectif “Chômeur pas Chien” (de 1997 à 2001), le Collectif Sans Ticket (1998 à 2003) ou le Comité Liège-Tarnac en 2009.

Il a écrit des articles qui ont été publiés via leur site par SMART, le CADTM et PhiloCité, ou dans les revues du CESEP (“Secouez-vous les Idées!”),  Barricade (“Le Pavé dans la Marre”), Les Amis de la Terre (“SaluTerre”)  ou le CDGAI (Collection Mobilisations Sociales).

Il a co-écrit plusieurs livres collectifs dont “Le Livre Accès” (Collectif Sans Ticket / Editions du Cerisier), “Choming Out, avec Gregory Pascon et Marc Monaco (Editions C4/ D’une Certaine Gaîté) “Pour une réduction collective du Temps d’Emploi” (Riposte.cte / Editions du Cerisier) et “Petit Manuel de Discussions Politiques” ( avec Gaëlle Jeanmart et Cédric Leterme/ à paraître aux Editions du Commun) . Enfin, il a contribué avec  Olivier Crabbe à l’écriture du livre “Micro-Politique des Groupes/ Pour une Ecologie des pratiques collectives “, de David Vercauteren (HB Editions, réédité  par Les Prairies Ordinaires ).

Dette et Emploi, les dogmes de droite qui scotchent la gauche / THIERRY MULLER / CADTM/ Oct.2017

Cet article de Thierry Müller, militant de Riposte.cte, a été écrit pour le site du CADTM et publié par celui-ci en ce mois d’octobre 2017:

L’article intégrale: “Dette et Emploi, les dogmes de droite qui…”

Extr: “Le problème qui scotche cette gauche traditionnelle – mais, aujourd’hui, également la grande majorité de la gauche dite radicale (Syriza, Podemos, syndicats majoritaires et parfois même nombre de mouvements sociaux) – et la rend profondément impuissante, c’est en effet que ces dogmes de droite, -la dette doit nécessairement être payée et il faut créer des emplois pour tendre vers le plein emploi-, l’ont contaminée au cœur même de son corpus de valeurs. Certes entre droite et gauche, il existe plus qu’une nuance sur les modalités et sur les conditions pour arriver à ces objectifs mais malheureusement pas sur leur légitimité. Ces dogmes agissent comme autant de mirages qui aveuglent et que les gauches justifient à leurs propres yeux en intégrant la morale sous-jacente, au nom de la légendaire dignité ouvrière : on a toujours payé nos dettes, on a toujours été fiers de travailler !”

Le travail peut-il être émancipateur ? / Thierry Müller / sept. 2017

“Qu’est-ce que le travail ? Peut-il être émancipateur ? Et à quelles conditions ? Ce texte, personnel, a été nourri essentiellement par la soirée organisée par le collectif Riposte.cte le 13 septembre 2017, à La Zone, à Liège, dans le cadre de son 19e Mercredi Hors Emploi. Lors de cette soirée furent visionnées deux à deux, quatre des 12 capsules consacrées à Christophe Dejours, publiées sur Youtube, sous l’intitulé “J’ai très mal au travail”. Après chacune des deux séances de visionnement, une discussion collective d’une demi-heure s’en suivit. Le contenu de ces débats a aussi alimenté mon texte….

…Le travail est donc une activité qui engage toute l’affectivité de l’humain, où sera finalement dépassée dans le plaisir la confrontation à la résistance du réel, à l’inadéquation partielle des prescrits, à l’exigence de rechercher des (nouveaux) savoir-faire adaptés, pertinents, efficaces, à la succession d’échecs que cette expérience produit. Plaisir, mais intelligence aussi en sont le résultat promis, une intelligence sans cesse renouvelée, débouchant sans doute sur l’énoncé possible de nouveaux prescrits, qui révéleront à leur tour leur caractère inadéquat et infondé au cœur de nouvelles situations, de nouveaux problèmes à résoudre.”

L’intégral du texte: Le travail peut-il être émancipateur ?

Pour voir les vidéos dont mention dans l’intro : Le travail peut-il être émancipateur ? Réponses avec Christophe Dejours

 

Le revenu universel en question / Cédric Leterme et Anne Dufresne / sept. 2017

Cet article, publié par le GRESEA sur son site, a été rédigé par Cédric Leterme, de Riposte.cte, docteur en sciences politiques, et Anne Dufresne, Coordinatrice d’Econosphères, Membre du Gracos (Groupe d’analyse des conflits sociaux), Chercheuse associée au CIRTES (Centre Interdisciplinaire de Recherche Travail, État et Société-UCL) et à l’IRES (Institut de recherche économique et sociale-France) et collaboratrice à l’Institut européen du salariat (IES).

Cette analyse du concept de revenu universel a fait l’objet d’une présentation lors des Universités d’été de la fédération syndicale européenne IndustriALL. Elle sera également débattue lors de la formation des animateurs du Cepag à Dinant le 28 septembre 2017.

Bien qu’ancienne, l’idée d’attribuer à chaque individu un revenu universel (RU) connait un regain d’intérêt en Europe, en particulier depuis la crise de 2008. Des propositions et expériences concrètes se multiplient. Mais leurs principes et modalités d’application méritent d’être interrogés tant ils peuvent servir des objectifs politiques radicalement opposés.

Lire l’article ici

Pour une Réduction Collective du Temps d’Emploi (RCTE)

Notre premier livre est édité: Pour une Réduction Collective du Temps d’Emploi (RCTE) !

Il est désormais disponible ou commandable dans toutes les bonnes librairies.

2e PRESENTATION à Liège, le 12 octobre à la librairie “Le Livre aux Trésors”, débat avec Vincent Fanara, FGTB / Liège-Huy-Waremme

Débat à la Librairie « Le Livre aux Trésors », autour de notre livre, avec Vincent Fanara (FGTB/ Liège)

Avant-goût radiophonique (Radio Kult/ 48fm/ 6 juin 2017):

Interview de deux des co-auteurs par le journal POUR:
Il faut défendre le droit au chomage comme droit salarial

Pour commander le livre : éditions du cerisier
Numéro ISBN: 2-87267-206-6
Auteur: Riposte.cte
Prix: 11 euros.

Pour vous mettre en appétit:

L'emploi n'est pas le travail

Riposte.cte défend la réduction collective du temps d'emploi ! "D'emploi ? de travail, vous voulez-dire ?" Ben non ! Nous, le travail, en soi, on n'a rien contre, il y a du travail à faire qui est bien nécessaire et il arrive même (encore!) qu'il puisse être épanouissant de le faire, du moins (le plus souvent) lorsqu'il échappe à l'emploi (et au sous-emploi que représentent par exemple aujourd'hui les plate-formes collaboratives). Petite mise en scène ici, en vidéo, pour vous expliquer ce qui aux yeux des militant-e-s de Riposte.cte est bien plus qu'une nuance ! Ah bon !?Pour en savoir bien plus, venez à Barricade, rue Pierreuse, 21 à Liège le jeudi 22 juin, à 19h30. Présentation du tout nouveau livre du collectif Riposte.cte: "Pour une réduction collective du Temps d'Emploi". Deux des co-auteurs débattront de tout ça avec Bruno Bauraind, chercheur-économiste au GRESEA. http://riposte-cte.org/2017/03/21/pour-une-reduction-collective-du-temps-demploi-rcte/

Publié par Stop à la chasse aux chômeurs sur mardi 13 juin 2017

 

L'emploi est une forme d'exploitation

Riposte.cte défend la réduction collective du temps d'emploi ! Parce qu'il faut en finir avec l'emploi, et les nouvelles formes de sous -emploi qui se diffusent aujourd'hui, où les travailleurs sont remis en concurrence comme à la moitié du XIXe siècle, à l'époque des marchandeurs ! "En finir avec l'emploi ? Mais enfin pourquoi ?". Parce que l'emploi ou marché du travail, c'est ce qui permet l'exploitation.Petite mise en scène ici, en vidéo, pour vous expliquer ce qui, aux yeux des militant-e-s de Riposte.cte, justifie qu'on réduise collectivement et au plus massivement possible le temps d'emploi, euh… le temps d'exploitation !Pour en savoir bien davantage encore, venez à Barricade, rue Pierreuse, 21 à Liège le jeudi 22 juin, à 19h30. Présentation du tout nouveau livre du collectif Riposte.cte: "Pour une réduction collective du Temps d'Emploi". Deux des co-auteurs débattront de tout ça avec Bruno Bauraind, chercheur-économiste au GRESEA.

Publié par Riposte Cte sur mercredi 14 juin 2017

Co-écrit par Thierry Müller, Joshua Malaise, Cédric Leterme et Hubert Beni, militants de Riposte.cte

L’emploi est un mode de production historiquement situé, fondé sur le déni de l’existence réelle, pleine et entière de milliards d’êtres humains; ce déni n’a rien de naturel, il est totalement dépassable. L’emploi ne peut donc pas servir de légitimation et encore moins de finalité à une lutte pour la réduction collective du temps de travail avec maintien du salaire; tout au contraire, cette revendication doit avoir pour finalité de nous libérer du joug que constitue le marché du travail et non d’accroître le nombre d’entre nous qui lui est aliéné. Ainsi et ainsi seulement, notre lutte contribuera à nous déprendre de l’alternative infernale que nous impose la sorcellerie capitaliste contemporaine.

 

L'emploi est un leurre.

Riposte.cte défend la réduction collective du temps d'emploi ! Ah bon !? "Mais l'emploi, c'est ce qui assure un salaire, c'est ce qui donne une reconnaissance sociale, c'est ce qui permet de s'intégrer dans des communautés d'existence, dans la société toute entière même !"… Hum !? Pas si sûr ! Petite mise en scène ici, en vidéo, pour vous expliquer ce qui, aux yeux des militant-e-s de Riposte.cte, justifie qu'on réduise collectivement et au plus massivement possible le temps d'emploi ! Pour ? Emanciper le travail, peut-être.Pour en savoir bien davantage encore, venez à Barricade, rue Pierreuse, 21 à Liège le jeudi 22 juin, à 19h30. Présentation du tout nouveau livre du collectif Riposte.cte: "Pour une réduction collective du Temps d'Emploi". Deux des co-auteurs débattront de tout ça avec Bruno Bauraind, chercheur-économiste au GRESEA.http://riposte-cte.org/2017/06/02/sortie-du-livre-pour-une-reduction-collective-du-temps-demploi-liege-le-22-juin/

Publié par Riposte Cte sur jeudi 15 juin 2017

Ces capsules vidéo ont été réalisées par Instants Productions et réalisées grâce à l’aide du Prix Solidaris 2017.

4e de couv.

Ce livre a été préfacé par Danièle Linhart, sociologue française, spécialiste des questions de management, directrice de recherche au CNRS et professeure à l’université de Paris X :

Dans les pages qui suivent, le lecteur trouvera une fresque du travail et de l’emploi dans le monde capitaliste. Il y trouvera une synthèse de son évolution, des luttes des travailleurs pour juguler au fil du temps les effets les plus délétères de l’exploitation, comme des stratégies impulsées par les dirigeants pour contrebalancer les avancées obtenues. Le lecteur découvrira une analyse fine, raisonnée, argumentée claire et implacable de l’injustice fondamentale qui est à la base de la mise au travail capitaliste, c’est à dire de la captation d’une part démesurée de ce que produisent les forces de travail mobilisées dans des conditions de subordination et d’aliénation. Il comprendra que la pensée marxiste ne date pas, qu’elle est au contraire d’une actualité de plus en plus frappante, dans le cadre de la financiarisation de nos économies qui donne la pleine mesure de la logique capitaliste prédatrice.

L’idée mise en avant par les auteurs est percutante : il n’y a pas d’avenir au sein du salariat capitaliste, pas d’amélioration à espérer. On assiste depuis trente ans à une dégradation des conditions de travail. La seule issue est d’échapper le plus possible au salariat et même d’en sortir.

Sur la base de cette conviction, les auteurs mettent au cœur de leur réflexion la question de la réduction de la durée du travail (d’emploi, préfèrent-ils écrire) à salaire égal. Ils s’en font les ardents défendeurs car elle permet de diminuer la captation par le capital des fruits des forces de travail exploitées.

Il ne s’agit pas, pour eux, d’utiliser cette réduction de la durée du travail pour partager l’emploi, de travailler moins pour travailler tous. Il ne s’agit pas de remettre dans la sphère de l’exploitation capitaliste ceux qui en ont été exclus, ceux qui n’ont pas réussi à y prendre place ou pas voulu. Hors de question de maintenir le même volume de temps global vendu aux capitalistes.

Le but est de libérer le plus possible les citoyens de l’emploi prédateur pour laisser place au travail libéré, autonome et socialement utile. Il est urgent, selon les auteurs, de poser les vraies questions quant à la finalité de ce qui est produit dans le cadre des emplois capitalistes au regard des besoins sociaux et des contraintes environnementales.

En ce sens, le texte qui suit est un texte éminemment politique, qui propose une voie de sortie par « l’amplification jusqu’à sa généralisation d’une fuite massive et progressive de l’ensemble des salariés par rapport à la capture, à l’aliénation et à la subordination qu’organise la convention capitaliste de l’emploi ».

Cette voie passe ainsi par une réduction du temps d’emploi (sous la forme de congés supplémentaires, de retraite avancée et d’entrée plus tardive des jeunes dans l’emploi) à salaire égal et sans perte de garanties sociales lesquelles doivent provenir d’une ponction amplifiée sur les profits.

Il s’agit en quelque sorte d’une subversion pas à pas du capitalisme, via une déperdition progressive de la place du salariat dans nos sociétés au profit du développement parallèle de formes de travail plus autonomes, assuré par le système de cotisations sociales. Le propos est convaincant et même enthousiasmant. Il mérite une lecture attentive car il développe de façon talentueuse des éléments d’analyse fondamentalement justes (que certains disqualifient bien trop vite comme étant archaïques) pour proposer des idées neuves.

Je voudrai simplement insister sur un aspect certes évoqué par les auteurs mais trop peu à mon gré. Cette stratégie intéressante de contournement du capitalisme ne devrait pas dédouaner pour autant d’une véritable lutte à mener au sein même de ce salariat pour faire renaître le travail, le véritable travail, fruit de la compétence et de la qualité de l’engagement des travailleurs. D’une lutte qui viserait à éliminer la clause de subordination pour imposer une négociation de l’organisation, du contenu et de la finalité sociale du travail entre les travailleurs et les directions des entreprises du secteur privé comme public. Car même diminué, le temps de l’emploi continuera d’être source d’impuissance et de souffrance.”

Pour en savoir plus sur Danièle Linhart, cliquer ici

1er janvier 2015, “ils” avaient décidé de le faire, et “ils” l’ont fait / Thierry Müller / Le Pavé dans la Marre/ janv.-mars 2015

Une tribune de Thierry Müller, membre de Riposte.cte, pour le numéro 86 du “Pavé dans la Marre”, bulletin de l’association “Barricade”, à Liège, à propos de l’exclusion depuis janvier 2015 de milliers de chômeuses et chômeurs en vertu de l’article 63§2 et de leur “accueil” organisé plutôt lamentablement par le CPAS liégeois, du moins durant les tout premiers jours.

Extrait: “Dans un silence médiatique presque parfait, ils ont froidement, cyniquement, méthodiquement, mis dans la misère et hors protection sociale salariale, des dizaines de milliers de travailleurs « hors emploi »… dans le 8e pays le plus riche d’Europe. La Belgique… Plus riche en moyenne par habitant que l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne ou l’Italie…
(…) Désormais le réseau Stop Art63§2 revendique l’abrogation de cette mesure mais aussi la réintégration de tous les expulsés dans leur droit à des allocations de chômage pleines et entières.”

Pour lire la suite, cliquez sur Tribune

Pour en savoir plus sur l’article 63§2 et sur le réseau qui lutte pour son abrogation: http://www.stop632.be/

Demain… la fin du travail ? / Thierry Müller / PhiloCité® / nov. 2015

En novembre 2015, PhiloCité® a publié cette analyse de Thierry Müller qui questionne le slogan qui se répand aujourd’hui comme traînée de poudre : “le travail, c’est fini !” Dès lors, des alternatives “au salaire” s’imposeraient-elles ? Les débats sur le revenu de base ou allocation universelle ouvrent manifestement des pistes nouvelles mais elles visent à résoudre quoi exactement et qu’est-ce qui fonde  et légitime leur contenu ? Le salaire à vie, le vilain petit canard de ce magma de propositions contradictoires, est-il plus fiable, plus subversif, plus cohérent ?

Extraits:
“Le point commun entre les différentes variantes du Revenu de Base peut aussi être formulé de la manière suivante: nous sommes des êtres de besoin qui n’avons pas demandé à vivre dans un monde où tout aujourd’hui se vend, se loue, s’achète, bref nécessite la possession d’un minimum de monnaie, de pouvoir d’achat, si on veut survivre…
… En réalité, une seule formule, que son inventeur, l’économiste français Bernard Friot refuse d’ailleurs d’assimiler au nom générique de revenu de base, s’affirme ouvertement anti-capitaliste…
… On l’aura compris, aux prémisses même des modalités de financement de leur proposition, les tenants du RDB et du salaire à vie s’opposent totalement : les uns veulent bien souvent supprimer la cotisation sociale et même souvent la sécurité sociale dans son ensemble alors que Bernard Friot et le réseau salariat font de leur extension la base politique et économique de leur système.”

Pour consulter l’intégrale de l’analyse,  lire ici

Pour en savoir plus sur la proposition de salaire à vie de Bernard Friot et du salaire à vie : Bernard Friot, un allié

Le travail sous contrôle / Thierry Müller / PhiloCité® / nov. 2015

Publié par PhiloCité®, cette analyse de Thierry Müller parcourt l’obsession managériale qui, au cours du XXe siècle, du taylorisme aux entreprises du bonheur, consiste à mettre la force de travail sous contrôle, de manière directe ou manipulatoire, afin d’en tirer le maximum de plus-value possible.

Extrait:

“Le problème que cherche à résoudre à la fin du XIXe siècle l’ingénieur américain Frederick Winslow Taylor est triple : comment, dans les grandes industries qui fleurissent un peu partout aux Etats-Unis et en Europe, améliorer les rendements, les gains de productivité ou taux de profit, réalisables sur le travail humain, comment faire admettre à ceux dont il s’agit de mobiliser l’énergie de jouer le jeu et enfin comment vérifier, s’assurer qu’ils le font ?”

 

Pour l’intégrale de l’article,  lire ici

Pour prolonger sur ce thème: découvrir le travail de Danièle Linhart

Pour mieux connaître Frederick Taylor: “Le facteur humain”, un documentaire de Th. Le Texier

De l’Etat social actif à la Sherwoodisation / Thierry Müller/ PhiloCité® / juin 2017

Publiée par PhiloCité®, cette analyse interroge le sens de politiques dites de “l’Etat social actif”, initiées en Belgique dès 2002, qui, au lieu de “réinsérer” les exclus dans le marché de l’emploi, aboutit quinze ans plus tard à un nombre record de personnes, non seulement toujours hors emploi, mais  se retrouvant même hors  de tout filet de sécurité sociale et hors de tout radar institutionnel: des sherwoodisés…

C’est-à-dire ?  Des décrochés à bas bruit, qui “vivent désormais dans une espèce de forêt mentale et sociale où ils ont été rejetés et où l’on a perdu leur trace. Rejetés ? Vraiment ? La métaphore pourrait pourtant laisser penser qu’ils auraient plutôt décidé, bon gré mal gré, d’adopter cette nouvelle figure de «hors contrôle» comme un nouveau territoire d’expériences. Si on colle au plus près de la métaphore, on pourrait même penser qu’elle indique que ceux dont on parle auraient rejoint la forêt comme on rejoint un maquis, composé de foyers de contestation. Ils ne s’y seraient pas forcément enfoncés par plaisir mais avec détermination, dans une posture de contestation assumée… “

Suite: De l’ESA à la Sherwoodisation

Marché du Travail / Cédric Leterme / PhiloCité® / juin 2017

Une analyse de Cédric Leterme, publiée par PhiloCité®, où il revient sur l’origine et les enjeux qui sont derrière la notion même de “marché du travail”, notion qui connaît un retour en force depuis une trentaine d’années dans le discours de l’Organisation internationale du Travail.
“Pour qu’un « marché du travail » existe, il faut d’une part qu’il existe une marchandise « travail » à échanger et de l’autre que des individus soient prêts à l’échanger. Cela semble couler de source aujourd’hui, mais c’est loin d’avoir toujours été le cas. D’abord parce que la notion même de « travail » est une invention relativement récente. En effet, si de tout temps l’homme a produit (des objets, de
la nourriture, de l’art, etc.), il n’a que très rarement réuni toutes ces productions sous une catégorie unique de « travail » entendue comme activité de production indépendante de ses réalisations
concrètes. Cette évolution décisive intervient en réalité en Europe à partir de la fin du Moyen-Âge pour finir par s’imposer dans les sociétés modernes où elle fut l’une des conditions d’émergence du
capitalisme.”