Le Chômage a une histoire, Gilles Balbastre (F), 2001, Point du Jour

“En 1967 (250 000 demandeurs d’emploi), Georges Pompidou s’inquiétait : “Si un jour on atteint les cinq cent mille chômeurs en France, ça sera la révolution”. Il n’y a pas eu de révolution…”. Pourtant, il y a aujourd’hui en France plus de 5 millions de chômeurs.

Ce documentaire, en deux parties, sur l’inéluctable montée des chiffres du chômage, est français et se termine en 2001, période où va s’installer en Belgique, comme ailleurs en Europe, l’Etat Social Actif, avec son cortège de contrôles et d’exclusions massives de chômeurs.

Quand on regarde ce documentaire édifiant, on comprend pourquoi ces pratiques iniques de chasse aux chômeurs se mettent en route : parce qu’à un moment donné, le pouvoir, qu’il soit dit de gauche (Mitterand et Mauroy puis Rocard, Jospin et Delors, sous Chirac) ou de droite  (de Pompidou à Chirac précisément, en passant par Giscard), qu’il applique des politiques d’austérité, de soutien aux investisseurs ou de réduction collective du temps d’emploi (cela se fera plus tard avec Martine Aubry, PS), n’arrive pas à inverser cette courbe toujours montante, synonyme de son impuissance !

Faute de s’attaquer à la racine du mal – la nécessité pour le capitalisme, pour se maintenir et s’adapter à son nouveau contexte mondialisé et bientôt financiarisé, de marginaliser une frange croissante du salariat qui est devenue excédentaire- , le pouvoir  en est donc réduit soit à se reconnaître incapable ou servile aux intérêts du profit capitaliste triomphant, soit à renvoyer sur le chômeur lui-même la responsabilité de sa position en le désignant à l’ire populaire comme le responsable du mal qui ronge l’économie nationale, au détriment des salariés, contraints eux du coup de se serrer la ceinture. Et ça marche:  les profits s’envolent et le chômage, lui, continue de… monter !

“De 3 % de la population active en 1967 à plus de 12 % en 1997 ; de 250 000 demandeurs d’emploi en 1967 à plus de 3 200 000 en 1997, les chiffres de la montée du chômage durant ces trente dernières années ont été imposants, violents, d’une brutalité à faire vaciller l’édifice d’une démocratie comme la nôtre. À la télévision, ce mal de la fin du XXe siècle a laissé toutes sortes de traces : discours politique, patronal, syndical, reportages, documentaires, téléfilms et même shows grandiloquents. Revoir ces images, écouter les propos d’hier et d’aujourd’hui des acteurs de ce drame, permet de faire surgir les premiers éléments d’une histoire du chômage. Cela permet surtout de mieux saisir comment le monde salarial a perdu la bataille face au système capitaliste.” (in Film documentaire.fr)

Heureusement, l’histoire n’a pas fini de s’écrire…

Un docu instructif qui se regarde vraiment sans longueur :

Le chômage a une histoire: 1967-1981 (53′)
Le chômage a une histoire: 1981-2001 (55′)

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